vendredi 29 avril 2011

La petite grimpette

Je (Benjamin) prend enfin mon clavier pour ecrire un message sur le blog, Helene ayant ecrit tous les messages. Voici donc le recit de ma petite grimpette sur la montagne illimani:
Jour 1: 7h de bus et camión et 4h de rando (900m de denivele positif)
Reveil a 3h30 du matin pour prendre un taxi a 4h et prendre le bus qui part a 5h. 5h15 c est parti, apres 3h de route le moteur du bus surchauffe imposible de repartir: ca commence bien. On attend donc un camion qui d habitude transporte des vaches. Le camion arrive et nous voila reparti pour 3h de camión. Bilan 7h pour faire 100km. Chouette. Arrivee au village a 3600m, petite rando de 4h dans la jolie valle pour atteindre le camp de base a 4500m.


 Jour2: 7h de rando (1000m de denivele positif)
Apres une nuit fraiche, nous prenons le petit dejeuner en attendant les 2 porteurs qui doivent nous aider a porter le materiel  jusqu au camp d altitude, l idee etant de s economiser physiquement pour l ascensión du lendemain. Surprise du jour, les porteurs ne viendront pas car il y a de la neige a partir de 5000m et qu ils ne veulent pas aller jusqu au camp a 5500m.

Du coup nous voila parti avec un bon sac de 15 ou 20kg sur le dos au lieu de 5 ou 8kg. Nous arrivons apres 7h de marche et de crampons au camp d altitude. Deuxieme surprise du jour, mon guide Jaun me dit que c est la premiere fois qu il fait cette ascensión mi abril en raison de la neige presente avant le camp d altitude. Pas de problema on y va.


Nous installons le camp, mangeons a 17h30 pour se coucher avant la nuit (18h) car a 5500m il fait tres froid des que la nuit tombe. En plus nous devons nous reposer avant de se lever a 1h30 du matin pour commencer l’ascension.  


 Jour 3: Ascension (5h15: 1000m de denivele positif) et descente (6h30: 2600m de denivele negatif)
La nuit a ete tres tres courte pour Juan et moi: froid (-2degre dans la tente, environ -12 a l exterieur)  +  vent qui a fait un bruit enorme toute la nuit sur la tente.  Nous nous levons donc avec  “la tete dans le cul” pardon pour la vulgarite, nous buvons un the et nous equipons de la tete au pied. 2h15 du matin c est parti premiers coups de crampons et piolet dans la neige dur.

 Et c est parti pour l effort physique et surtout psychologique. Il faut penser a s´ economiser chaque seconde, ne pas faire de mouvements inutiles et gerer sa respiration. De 5500m a 6000m d altitude, c etait physique ( pentes entre 35 et 45 degre d inclinaison) mais pas trop dur pour moi au niveau du manque d oxygene, les 3 semaines precedentes entre 3500 et 4000m d altitude tous les jours m ont donne les globules rouges suffisants.

Nous  voila aux environs des 6200m d altitude dans le mur le plus raide (50degre),  la ca commence a etre vraiment dur au niveau de l oxygene. Je ne regarde ni l heure ni l altimetre de ma montre pour garder ma concentration et surtout ne pas perdre le moral. On avance pas a pas en gerant la respiration et le rythme cardiaque. Sur la fin de l ascensión mon coeur battait entre 120 et 140 pulsations apres avoir fait une pause d une minute et battait entre 160 et 190 pendant les phases d efforts. 
Le jour va bientot se lever et nous sommes a 6400m, reste 40m a Monter. Ces 40m la ont ete les plus difficiles de toute ma vie, deja 4h30 de montee dans les jambes et un gros manque d oxygene a cet altitude. Au lieu d avancer de 40cm comme l aurait souhait mon cerveau, le pied n avance que de 20cm, mais si pres du but on prend son mal en patience, on se concentre et on avance petit a petit.
7h30, nous atteignons la cime de l´illimani a 6436m d altitude avec le soleil juste leve a l horizon. J observe le paysage grandiose, on fait quelques photos avec Juan. Apres quelques minutes la respiration et le coeur ralentissent, je me dis que finalement ce n etait pas si dur. (vers 4h du matin au mileu de la nuit, du froid,de la neige et de la glace, je me suis quand meme dit “mais qu est ce que je fous la, il faut vraiment etre timbre pour aimer ca”).


Le manque d oxygene dans le cerveau entraine une certaine euphorie a cette altitude qui pourrait nous donner l envie de rester des heures a observer le paysages. Soyons serieux il faut redescendre car la meteo peut changer tres vite dans la matinee. Nous redescendons en 1h45 les 1000m jusqu au camp d altitude, petite pause d une heure, nous rangeons le materiel et redescendons les 1600m supplementaires pour rejoindre la maison de Juan au village.
Arrivee a la maison de juan, petite biere pour se rafraichir avec Juan. Et la surprise du jour pour moi, Juan m annonce que normalement il faut 7h pour faire l ascensión 5500-6436m, qu il l a deja fait en 6h avec un alpiniste europeen quelques annees auparavant. C est donc la premiere fois qu il a fait l ascensión en 5h15: je detient donc le record (meme si l alpinisme n est jamais une course) de Juan qui est guide depuis 18 ans et qui grimpe cette montagne environ 5 fois par ans. Je suis fier de moi, il faut le dire. Pres ca, Juan m a meme demande si j avais des origines indigenes car ce n etait pas normal pour lui qu un “blanc” monte aussi vite. J avoue que j ai eu du mal a lui explique qu il n y a pas les meme indigene en europe qu en bolivie.
20h dodo, je suis mort.
Jour 4: 1h rando (300m de denivele negatif) et 4h de microbús pour revenir a la paz
Apres une nuit bien reposante, marche d une heure pour aller prendre le bus et 4h pour rentrer. Je rejoins mademoiselle mon amour qui m attend a l hotel après son escapade au pays des dinosaurs pendant 4 jours de son cote.
Vivant les 7000m……..